Marcel BARBU

  • 80 ans… et Marcel Barbu fait encore parler de lui.

    En août 1941, l’entreprise de Marcel Barbu, embauche encore et commence à produire des boitiers de montres pour la société SAPROLIP.

    Bientôt j'aperçois quelques ombres se profiler derrière la cloison vitrée : c'est l'agréable perspective d'un gars qui viendra me tenir compagnie et rompre ce tête-à-tête permanent avec ce jeune patron. Si convainquant soit-il, ça fini par être pesant toutes ces idées sur le métier, la profession, la Société de demain.... J'aimerais bien que ces entretiens soient partagés par d'autres. Encore le témoignage de Robert Brozille, et poursuit : Notre patron tolère quelques insuffisances chez ces nouveaux embauchés, convaincu que la jeunesse aidant, ils pourront s'améliorer et s'adapter aux exigences de la profession ; mais il faut d'abord, à défaut de tout comprendre, lui faire confiance, et cet accord sans réserve, il vient vous le chercher au fond des yeux.

    Lire la suite

  • 80 ans : L’atelier de fabrication de boitiers de montres à Valence

    Pour commencer la production de boitiers de montres, Marcel Barbu a fait venir de Besançon quelques machines et des ébauches de boitiers.

    Il faut rappeler que les passages de la ligne de démarcation n’est pas simple, mais nous le verrons que pendant toute cette période difficile les échanges entre Besançon et Valence sont fréquents.

    Lire la suite

  • 80 ans : Première embauche chez Marcel Barbu

     

    La première embauche à l'entreprise de Boitiers de Montres du Dauphiné a eu lieu en juin 1941 et le plus simple pour comprendre l’histoire est de laisser la parole à Robert Brozille :

    Y a déjà plus de trois semaines que j'ai quitté l'Armée.

    De retour à VALENCE où j'ai toute ma famille, je cherche un emploi dans les Usines de mécanique de la région. C'est en vain que j'ai visité CROUZET - TOUSSAINT - FAURE PLOUTON, et tant d'autres. Mais j'entends toujours la même réponse : Revenez plus tard, en ce moment il n'y a pas de travail. La mine de mes interlocuteurs ne me laisse que peu d'espoir sur ce "Revenez plus tard".

    J'ai retrouvé quelques-uns de mes copains d'apprentissage qui ont échappé au désastre de Juin 40 et comme moi cherchent un employeur. C'est aussi décevant pour eux et tous n'ont pas la chance d'avoir un père employé au P.L.M. pour pouvoir attendre.

    Certains ont accepté des tâches qui n'ont rien à voir avec leur qualification : travaux de terrassement, goudronnage, etc... Mais il faut tenir car il n'y a pas d'assurance chômage.

    Par chance, un voisin serrurier m'indique qu'une usine est en train de s'installer au 41 de la rue Montplaisir.

    Entreprise BoimondauJe me précipite, et je découvre cette bâtisse en forme de villa dont le pignon fait face à un jardin potager agrémenté d'une jolie treille.

    L'entrée est sur le côté du jardin, avec un modeste portillon de bois.

    C'est dans ce décor champêtre que je suis reçu par un couple jeune, environ 35 ans.

    Je suis surpris par la tenue de ce que je crois être le patron : pantalon court et chemise bleue, large béret incliné sur l'oreille. C'est la tenue des Compagnons de France Compagnons de France. Madame est enveloppée dans une blouse gris-bleu, serrée par une ceinture.

    Ce sont Monsieur et Madame Barbu.

    Nous avons beaucoup parlé à l'ombre de la treille, ou plutôt, j'ai entendu beaucoup de choses, car Monsieur Barbu parle plus qu'il n’écoute... tandis que Madame Barbu, discrètement, m'étudie sur toutes les coutures.

    Mon histoire est simple : l'école, l'apprentissage, l'Armée, et rescapé du désastre de 1940 je cherche du travail.

    Mais pour moi qui viens d'être débarrassé de la tenue militaire, l'uniforme des Compagnons de France m'incite à la plus grande réserve. Pourtant l'homme est passionnant à écouter, son langage simple, direct et convaincant. Il a des projets plein la tête : finie la lutte des classes Propreté, Ordre, Esprit d'équipe sont des mots que l'on n'a pas souvent l'occasion d'entendre de la part d'un patron.

    Mais peu m'importe ce que j'ai entendu ce jour-là de toutes ces idées généreuses.

    La seule qui m'intéresse « Je suis embauché à l'essai ».

    En cet après-midi du 16 Juin 1941, j'ai quelques scrupules à reporter au lendemain mon entrée en fonction.

    Pour bien faire, il faudrait que je commence tout de suite.

    Je n'ai pas encore le virus. Ça viendra plus tard !

    Robert Brozille a beaucoup écrit de nombreux articles dans le bulletin le Lien et plus tard, dans le bulletin de liaison de l’association des anciens.  

    Lire la suite

  • 80 ans : Marcel Barbu précise son projet d’atelier-école

    80 ans : Marcel Barbu précise son projet d’atelier-école

    Les statuts de sa société déposés, un local trouvé (une ancienne vinaigrerie), Marcel BARBU peut faire venir du matériel depuis son entreprise de Besançon et finalisé son projet d’atelier-école. Le 15 mai 1941, il le présente aux Compagnons de France sur lesquels il espère bien leur aide.

    Pourquoi les Compagnons de France ? Un petit rappel.

    Le 21 septembre 1940, Marcel BARBU est « refoulé » de la zone occupée.

    Le 22 septembre, le Commissaire spécial rend compte au préfet de Besançon : j’ai l’honneur de vous rendre compte que j’ai conduit hier le nommé BARBU Marcel, refoulé de la zone occupée par ordre des autorités allemandes, à la ligne de démarcation, à Chalon-sur-Saône. Le franchissement de la ligne par le susnommé est noté à 17 heures.

    De Chalon-sur-Saône, Marcel BARBU se rend à Poligny (à 75 Km) et trouve refuge à la cure. Il faut qu’il trouve rapidement du travail, ça tombe bien, car le mouvement des Compagnons de France recherche des animateurs ayant l’expérience de mener une équipe. Jusqu’en 1944, Marcel BARBU conservera des contacts et de nombreuses amitiés dans ce mouvement.

    Écoutons Marcel BARBU parlant de son projet :

    Trois considérations pratiques m’ont conduit à tenter l’installation d’une nouvelle « Manufacture de Boîtiers de Montres » et d’y installer un Atelier-École.

    1°) : Les fabricants français d’horlogerie se désolent de ne pouvoir trouver en France, tant en qualité qu’en quantité, les boîtiers de montres dont ils ont besoin.

    2°) La rare main d’œuvre existante en France, est étrangère dans la proportion de 75%. Peu qualifiée et âgée.

    3°) Nous ne pouvons prétendre faire de tous ces jeunes des bûcherons ou des cantonniers.

    Quelques éléments pour la formation de jeunes :

    L’apprentissage durera trois ans.

    Les apprentis seront encadrés par le mouvement des Compagnons de France et formeront « une compagnie autonome » (au Compagnons de France, les groupes s’appellent Compagnies). Deux temps de formation, la formation professionnelle et l’éducation générale et physique.

    Marcel BARBU sera le seul responsable en tant que « Chef compagnon ».

    Une vingtaine d’apprentis sont prévus d’ici la fin de l’année 1940, qui ne peuvent être accueilli que si Marcel BARBU trouve des professionnels pour encadrer les jeunes recrus.

    Dans ce projet, rien n’est dit sur le rêve communautaire de Marcel BARBU, mais c’est pour bientôt.

    Petite histoire : Le terme refoulé est habituellement utilisé pour interdire l’entrée. Dans le cas de Marcel BARBU, les autorités allemandes ont pris cette décision sur pressions des autorités françaises. Ce sont les bisontins qui ne voulaient plus de Marcel BARBU.

    À suivre

    Autres articles :

         80 ans : Boitiers de Montres du Dauphiné 80 ans : Boitiers de Montres du Dauphiné

         Le témoignage de Jacques DER ALEXANIANLes héritiers du pays oublié

    Une remarque ? Une question ? Utilisez les commentaires ci-dessous

  • 80 ans : Boitiers de Montres du Dauphiné

    Marcel Barbu-Boimondau

    Le 3 mars 1941, le préfet de la Drôme autorise Marcel Barbu de créer une entreprise. C’est chose faite le 26 mars 1941 en créant la Manufacture de Boitiers de Montres du Dauphiné, au 41 rue Montplaisir à Valence (Drôme).

    Le projet initial de Marcel Barbu était la création d’un atelier-école pour former des jeunes ouvriers qualifiés et des manœuvres spécialisés pour la fabrication de boitiers de montres sur tous les métaux. Le projet est présenté au « Comité national de la Montre » le 13 mars 1941 et reçoit un avis favorable.

    Pour Marcel Barbu, c’est la troisième création d’entreprise. Avant 1936, la première est créée à Saint-Leu-la-Forêt, puis en 1939, à Besançon, deuxième entreprise dont la marque est Le Bélier. Quand il crée son entreprise à Valence, Le Bélier continu à produire.

    Marcel Barbu inscrit sa nouvelle démarche dans le mouvement des Compagnons de France qui doit prendre en charge l’accueil des jeunes (gite et couvert), leur éducation générale : religieuse, civique, sociale et l’éducation physique. Projet présenté le 15 mai 1941 aux instances administratives du mouvement.

    Marcel Barbu est membre des « Compagnons de France » et espère que cette organisation va lui proposer de nombreux candidats apprentis.

    Logo Boitiers de montre du Dauphiné

     

    Dans le logo de la société qui est représenté par un losange avec, au centre, le logo des Compagnons de France entre les initiales de Marcel Barbu.

     

     

    Petite histoire, quelques jours avant la déclaration de société, Marcel Barbu, habitant la villa « Les Hortensias », impasse Faventines à Valence, est contrôlé par la gendarmerie pour éclairage défectueux à l’avant de sa bicyclette, défaut d’éclairage à l’arrière et défaut de plaque d’identité.

    Cela ne l’a pas empêché de voir loin.

    À suivre

  • Mon Père, en toute subjectivité

    Mon Père, en toute sujectivité

    Jean-Marie BARBU :

    « Depuis tant d’années, je porte en moi bien des choses au sujet de ce papa si différent, si particulier, Marcel Barbu. Que n’ai-je entendu à son sujet  ! En bien pour les uns, en mal pour les autres… Que de propos réducteurs ou excessifs le concernant… »

    À travers ce témoignage sincère et poignant, Jean-Marie Barbu rend hommage à l’homme d’exception que fut son père. Comment a-t-il été amené à se présenter aux présidentielles de 1965 ? Qui était Marcel Barbu ?
    Les réponses à ces questions amèneront le fils à se dévoiler à travers la peinture faite du père, dans une volonté de transparence et les mots s’alignant pour dessiner une catharsis personnelle, aussi bien qu’une main tendue à ceux qui vivent ce mal connu mais peu reconnu qu’est la dépression.

    Extrait du site de l'éditeur