GOURGUES et NEUSCHWANDER

Pourquoi ont-ils tué Lip

GOURGUES Guillaume et NEUSCHWANDER Claude

Pourquoi ont-ils tué Lip ?

De la victoire ouvrière au tournant néolibéral

Préface de Charles PIAGET

Éditions Raisons d’agir

Juin 2018

280 Pages

En 1973, les ouvrières et ouvriers de l’usine horlogère Lip à Besançon s’opposent aux licenciements qu’on leur promet : occupation, confiscation du stock de montres, redémarrage partiel de la production, organisation des premières paies ouvrières. En mars 1974, au terme d’un conflit au retentissement mondial, devenu un véritable mythe du mouvement social, leur entreprise redémarre, relancée par un consortium d’actionnaires emmené par Antoine RIBOUD et soutenu par l’État. Les licenciements sont évités. C’est la victoire ouvrière.

Claude NEUSCHWANDER

Mais deux ans plus tard, c’est la faillite. Ceux qui avaient relancé Lip accusent alors Claude NEUSCHWANDER, qu’ils avaient placé à la tête de l’entreprise, d’en être le principal responsable.

Claude NEUSCHWANDER rédige rapidement et veut donner sa version des faits. Ces amis le dissuadent de rendre public ses écrits car cela pourrait nuire à son avenir professionnel.

Jacques CHÉRÈQUE lui écrit, après la lecture du manuscrit : « …dangereux : dans le contexte, il est un brûlot de plus dans la poudrière Lip. Si ça pète, les victimes seront peut-être autant tes adversaires que tes amis car Lip n’est pas qu’une affaire politique et économique. C’est essentiellement un drame passionnel et les dénouements de ces affaires sont toujours imprévisibles et aux conséquences inattendu ».

Car la controverse enfle. Michel ROCCARD lâche son ami et adopte la thèse d’Antoine RIBOUD qui est contredite par Jean CHARBONNEL, ministre du développement industriel en 1973, ayant rendu possible la reprise de Lip.

En 2018, son récit est enfin publié.

Claude NEUSCHWANDER n’a rien oublié, si les années passent, effacent les mémoires, chez Claude NEUSCHWANDER la colère reste intacte.

Guillaume GOURGUES

Guillaume GOURGUES est universitaire et politiste. Il s’intéresse aux questions de résistances syndicales et aux évolutions contemporaines des formes politiques et sociales de la démocratie.

Guillaume GOURGUES n’a pas connu personnellement « l’affaire Lip ».

Il est « bouleversé » par le film de Christian ROUAUD : Lip, l’imagination au pouvoir, (2007, Les Films d’Ici) et le hasard le fait découvrir des boites d’archives syndicales localisées en Isère où il prépare une thèse. Lip ne le quittera plus.

Il ajoute les archives de Claude NEUSCHWANDER, puis celles des anciens de chez Lip : Charles PIAGET, Fatima DEMOUGEOT, Michel JEANINGROS.

...et Boimondau

Ce récit rassemble le témoignage direct de Claude NEUSCHWANDER et le recul qu’apporte Guillaume GOURGUES grâce à son travail de chercheurs.

Et Boimondau ?

…L’inauguration de « l’atelier boites », le 10 mars 1975, est l’occasion de rendre publiques les évolutions technologiques et esthétiques de la nouvelle collection. Quatre ans après la fermeture de la coopérative Boitiers de Montres du Dauphiné (Boimondau), véritable communauté de travail fondée par Marcel BARBU, cette ouverture a un double sens : technique, car la coopérative fournissait une part importante des boitiers et rend indispensable notre approvisionnement interne ; politique, car l’expérience Boimondau présentait un caractère explicitement autogestionnaire, et son échec confirme les réticences des ouvriers de Lip de s’engager dans cette voie en 1973.

Guillaume GOURGUES devrait encore, à l’avenir, nous parler de Boimondau

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