Vitraux pour l’église

Trois vitraux pour l’église d’Étoile

    

L'abbé MOUTIER, curé-archiprêtre à Étoile le 1er octobre 1886 à sa mort le 30 octobre 1903, a commandé des vitraux pour l’église d'Étoile

Dans le journal  de « La Croix de la Drôme », n° 502 du 3 mars 1901, Louis MOUTIER rend compte dans de la mise en place des verrières ouest de l'église d'Etoile.

L’antique église d’Étoile vient d’être dotée de trois beaux vitraux sortis des ateliers de M. Thomas, de Valence, et exécutés d'après les dessins de M. l'abbé Perrot. Ces verrières sont fort remarquables et font grand honneur aux artistes valentinois. Elles offrent ce mérite assez rare aujourd'hui de s'harmoniser de tout point avec le style roman de l’édifice. C'est en effet la note mystique du Moyen-Âge qui y domine avec son symbolisme populaire et naïf, ses personnages à la taille élancée, ses agencements de couleur, longtemps un secret pour nos ouvriers modernes. Il n'est pas jusqu'au verre lui-même qui ne rappelle la facture ancienne par son épaisseur, sa translucidité cristalline et ses reflets veloutés.

Vitraux de l'église d'Etoile    

Ces trois vitraux correspondent aux trois nefs de l'église : celui du milieu s'étale en magnifiques dimensions, laissant passer une douce lumière qui convient admirablement au recueillement du saint lieu. Il représente la scène du crucifiement, à l'instant où le Fils de Dieu va rendre le dernier soupir et ou la mère des douleurs et l’apôtre saint Jean sont au pied de la croix. Outre la représentation légendaire des instruments de la Passion, l’artiste verrier a placé, de chaque côté, deux femmes figurant l'Église et la Synagogue. L'une est tournée vers le Christ pour écouter ses enseignements, l'autre, au contraire, a les yeux bandés et s’éloigne en emportant les tables de la loi devenues lettre morte pour elle.

Les deux autres verrières sont réservées aux deux Bienheureux qui ont chacun une chapelle rurale, et sont en grande vénération dans la paroisse, Saint Marcellin et Saint Roch.

Viraux d'église d'Etoile    

Saint Roch, le pèlerin thaumaturge et le puissant guérisseur de la peste noire, Saint Marcellin, évêque d'Embrun, lié d’étroite amitié avec notre Saint Emilien de Valence.

Quoique traités d’une manière différente, ces deux vitraux concourent à compléter l’ensemble de l’œuvre qui est d'un effet saisissant.

Vitraux de l'église d'Etoile     

Et comme l'éloge de l’ouvrage doit remonter jusqu`à l’ouvrier, nous envoyons nos félicitations à M. Thomas et à M. l'abbé Perrot. Ils ont donné à notre vénérable église un décor artistique dont elle pourra se prévaloir mieux que de toute œuvre moins respectueuse de son âge et de son style.

Aujourd'hui, pour l’enseignement de l’histoire, les professeurs regardent comme .un progrès l'emploi des projections lumineuses. C`est juste ; mais il y a des siècles que l'église s'est servi de ses verrières comme de tableaux vivants pour instruire les peuples. '

Puissent les fidèles d'Étoile comprendre les leçons que rappellent les images du Christ Rédempteur et de ses saints.

Qu’ils alimentent leur foi en lisant dans les pages de ces livres de verre si richement enluminés.

L'abbé Jules PERROT

Victor Jules Saint-Cyr Perrot est né à Valence le 8 février 1860.

Ordonné prêtre le 19 septembre 1885

Professeur au Petit Séminaire de Valence en octobre 1886

Professeur à Gand (Belgique) l’année suivante

Il reprend sa place au Petit Séminaire de Valence en 1890

Il était architecte diocésain, il a construit l’église Notre-Dame des Champs à Savasse (Drôme)

Il a 40 ans quand l’abbé louis Moutier lui propose réaliser le dessin des vitraux. Peintre, dessinateur et architecte, il collabore avec l’atelier Thomas à Valence.

Directeur du journal La Croix de la Drôme à partir de 1906

Chanoine titulaire le 11 décembre 1920

Il prend sa retraite en 1939

Décède le 28 juin 1940

Atelier THOMAS

Vitraux de l'église d'Etoile   

L’atelier de verrier Thomas a été créé en 1885 par Jean-Louis Thomas, c’est le premier atelier de cet art installé en Drôme-Ardèche.

En 1978, l’atelier s’installe rue de Chabeuil toujours à Valence et en 2000, c’est dans la zone artisanale que l’atelier poursuit son évolution.

À la mort de Jean-Louis Thomas en 1915, son fils Georges n’a que quatorze ans, il va à Paris pour apprendre le métier et revient à Valence pour assurer la relève de l’entreprise familiale.

En 1953 que les deux fils, Jean et Michel Thomas travaillent avec leur père et en 1968 ils poursuivent le développement de l’entreprise.

En 2002, les trois fils de Michel Thomas conduisent l’entreprise familiale, c’est la quatrième génération.

Dans l’église d’Étoile, outre les trois vitraux commandés par l’abbé Louis Moutier, il y a, côté Nord, le vitrail de Jeanne d’Arc, co-signé par G. Thomas et Émile Armand, peintres-verriers, réalisé en 1919 à la mémoire des morts de la guerre 14-18. C’est la période où l’atelier Thomas est dirigé par la mère de Georges et de l’ouvrier verrier Émile Armand.

En 1993, l’atelier Jean et Michel Thomas ont restauré la grande verrière de la crucifixion.

En 1999, des vitraux plus modernes font leur apparition cosignés par Jacques Cadet-Atelier Thomas

Sources documentaires

Aux archives de la Drôme :

CP 166/3 => La Croix de la Drôme, N° 502, le 3 mars 1901, article de Louis MOUTIER

BH 411, Adrien Loche, les prêtres de la Drôme, page 710, Jules Perrot

    

Pays d’art et d’histoire – Valence Romans Agglo : Atelier THOMAS Vitraux, De père en fils depuis 1878

    

Bibliographie :

Louis MOUTIER, félibre, poète du Rhône, actes du colloque de Montélimar, les 18 et 19 octobre 1997

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