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Le 31 octobre : Barbu, patron chrétien interné pour s’être opposé à la Relève, se plonge dans des bouquins de sociologie : « Il faut bien remplacer ce qui s’effondre », dit-il.
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Le 12 novembre à Grenoble : Le message de Barbu provoquera un rendez-vous, à 3 heures, qui retardera fatalement la réalisation [tentative d’évasion].
15 heures : Dumazedier, un des « chefs » d’Uriage, est venu entendre « en clair » la communication de Barbu et me donner une réponse. Ils se mettent d’accord sur le code du télégramme qu’il enverra demain à Barbu. Car depuis deux jours, Barbu ne médite rien de moins qu’une évasion collective, précédée, si cela est nécessaire, d’une révolte. Et il voulait savoir combien Uriage pourrait héberger de fugitifs et ce que l’on en pourrait faire.
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Le 14 novembre : La révolte couve. Barbu ne veut pas d’un mouvement dont tous les politiques ne bénéficieraient pas.
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Le 15 novembre : Barbu : une quarantaine d’années, décharné, insigne des Compagnons de France, ouvrier syndiqué à la CGT, puis rallié au christianisme ; devient contremaître, associé au patron ; organise son usine comme il la concevait quand il était communisant : c’est-à-dire régie par un conseil d’ouvriers chargé de fixer les salaires et de répartir les bénéfices. Au début de la Relève, on lui a demandé de dresser un état de son personnel ; il s’y est refusé, ne voulant pas que ses ouvriers aient à dire « non ». D’où son arrestation. Mais ses ouvriers ont juré de ne pas partir en Allemagne. Il profite de sa détention pour faire une retraite… Sa bonhomie, son courage, son intransigeance ont surpris les communistes eux-mêmes.
Le 16 novembre : [ Il s’échappe lors d’une visite médicale à Grenoble et se rend à Uriage] …en attendant Dunoyer de Segonzac à qui je me suis fait annoncer de la part de Barbu.
Le 17 novembre, à Uriage : Roger Stéphane découvre le château.