1792

ÉTOILE sous la Révolution - Léopold LAMOTHE

 

Année 1792

L’arbre de la Liberté

Dans le mois de mai, les gardes nationales de Beaumont, Upie, Montmeyran, Montéléger, Fiancey et Lavache se réunissent au bourg d’Étoile, pour fraterniser avec leurs amis du chef-lieu de canton.

La municipalité, dans sa dernière séance, avait voté les fonds nécessaires pour recevoir dignement leurs hôtes. Aussi cette fête fut-elle très brillante. On profita de la circonstance pour planter ici le premier arbre de la Liberté (*), et on arbora il la plus haute branche un grand bonnet phrygien, orne d’une cocarde et de rubans aux couleurs de la Nation.

Un repas civique suivit la cérémonie ; on but à la France et aux représentants du peuple.

(*) C'était un ormeau, qui, admirablement placé, devint bien vite d’une beauté remarquable.

La Patrie en danger !

Le terrible décret de l’Assemblée nationale est lu à l’issue de la première messe sur toutes les places publiques: il est commenté par les citoyens, qui sont loin d’être rassurés.

Quelques jours après, M. MARTIN donne sa démission, épouvanté, peut-être, par la suprême mesure prise en vue de la défense du territoire. Mais, pressé de reprendre le poste qu’il occupait si bien, l’honnête magistrat revint vite sur sa détermination.

Sur une réquisition de M. CHANCEL, commissaire du district de Valence, ou retire à la garde nationale soixante fusils destinés à armer les grenadiers qui marcheront contre les Prussiens.

Nouveau serment des prêtres

Nous trouvons encore le serment du curé CHAIX et de ses vicaires, prêté devant la municipalité. Voici le premier de ces documents :

Le 31 août 1792, l’an 4 de la Liberté' et le 1er de l’Égalité, comparu sieur François CHAIX, curé de cette paroisse, lequel, pour se conformer aux décrets de l’Assemblée nationale, a prêté le serment de maintenir la Liberté et l’Égalité et de mourir en les défendant. Lequel serment, ledit CHAIX nous a requis de transcrire.

                                                                                                                    Signé : CHAIX, curé.

 

Les religieuses de l’abbaye de Soyons et plusieurs de Valence prêtent également à Etoile le serment de fidélité à la Constitution.

Les réquisitions

La commune est appelée la fournir huit grenadiers à l’armée de DUMOURIEZ. Une collecte est faite à leur profit à l’hôtel de Ville et produit en quelques heures près de onze cent soixante livres. Le Conseil municipal vote encore huit cent quarante livres pour porter la part de chaque homme à deux cent cinquante.

Nouveaux débordements de la Véoure

Les 2 et 5 octobre, des pluies torrentielles amènent des inondations de la Véoure, qui emporte ses digues et cause des ravages incalculables, notamment à La Paillasse.

Les bancs de l’église

La municipalité s’étant réunie le 11 novembre, un de ses membres fait remarquer que certains citoyens s’arrogeaient le droit d’avoir des bancs dans l’église paroissiale et que c’est là un attentat formel aux droits de l’Égalité. Les bancs, dit-il, sont une gêne pour les personnes qui assistent au service divin ! L’Assemblée délibère sur cette proposition, déclare qu’il sera accordé un délai de huit jours pour sortir les dits bancs. Passé ce délai, ils seront enlevés et vendus au profit de  leurs propriétaires.

Le maire MARTIN est suspendu

La modération de cet honnête citoyen, et son attachement au curé CHAIX, attirent à la municipalité tout entière la haine du Directoire de Valence.

On accuse le Conseil d’Étoile de favoriser les émigrés,  ces enfants dénaturés qui veulent déchirer le sein de leur Patrie. Aussi, les officiers municipaux sont-ils suspendus pour un mois (novembre). On vote de nouveau, trois semaines après, et l’ancien Conseil est réélu à une grande majorité. MARTIN réunit cent quarante-une voix sur cent quarante-sept votants, en dépit de l’arrêté des Administrateurs de la Drome, qui annulent l’élection, sous prétexte que le délai n’était pas encore écoulé.

Les citoyens Claude PAYAN et Alexandre ROMIEU se rendent ici pour surveiller les nouvelles opérations électorales.

Devant cette hostilité manifeste, l’ancien maire renonce à la lutte, et Pierre MARGERIE est désigné pour le remplacer. Les deux délégués du Directoire se retirent de la réunion en protestant contre la nomination de Jacques DESAYMAR, frère d’émigré, comme conseiller municipal.

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