1791

   ÉTOILE sous la Révolution - Léopold LAMOTHE

 

Année 1791

Serment des Prêtres

Le 9 janvier, le curé Chaix invite la municipalité à se rendre à l’église pour y recevoir son serment de fidélité, conformément au décret du 12 juillet 1790 sur la Constitution civile du clergé. Est également reçu le serment de Pierre PÈLERIN, Antoine MELLERET, ses deux vicaires, de Jean-François PORTES, ci-devant chapelain, et Apollinaire ASTIER.

Les emblèmes séditieux

De nouveaux placards incendiaires sont trouvés à la porte de l’église. Les citoyens qui viennent en informer le Conseil général demandent qu’on recherche  les perturbateurs ».

Ils font remarquer, en outre, qu’il est indispensable de détruire les emblèmes rappelant l`ancien régime, qui se trouvent sur les portes Écuyère et du Marché, ainsi que sur le fronton du château de M. Alexandre DUPONT (aujourd’hui, café Richard). » Ils demandent enfin que les deux pièces de canon du comte DUPONT, émigré, soient placées dans le corps de garde pour servir à la défense des citoyens.

Partage des biens communaux

Le 25 mai, les sieurs Pierre-Augustin SERVOLE, Thomas RODET, Pierre ALLIER, Pierre PÉRONY, Jean GRAND, Jacques BELLON, Jacques NICOLAS, Jean-Louis BLACHE, Venance FAURE et Louis BÉRANGER (*), présentent à la municipalité une pétition des habitants d’Étoile. D`après le vœu unanime de la population, les fonds communaux devront être partagés au profit de tous, depuis l’âge de dix ans et sans distinction de sexe.

(*) Ces citoyens, en agissant ainsi, se conformaient simplement à un décret de l'Assemblée nationale.

Démission du Conseil

Nous assistons ensuite à la démission de la plupart des officiers municipaux, fatigués des  tracasseries » qu’ils éprouvent de la part de la garde nationale, qui tend de plus en plus à se substituer aux autorités régulières. Abandonnent successivement leurs fonctions : Henri NAVELLE, ROUX, maire ; Borne, procureur de la commune ; FREYSSIN, CROZAT, Jean-François POINT, assesseurs; MARGERIE, Jean VOTENIN, Pierre-Joseph MARTIN, Jean-Baptiste BRESSON. Jean GUÉRIN et Antoine CHARIGNON.

Ces démissions nombreuses attirent l’attention du Directoire de Valence, qui menace de déférer aux tribunaux les anciens officiers du corps municipal, se basant sur une dénonciation qui attribuait à M. Simon ROUX un propos fort grave et surtout très énergique :  Tous les décrets de l’Assemblée nationale, aurait-il dit, sont des t… c... ! » Pour tirer le maire de cette situation dangereuse, son conseil vient certifier, ä deux reprises, n`avoir jamais entendu ces paroles, ni à la Mairie, ni ailleurs.

Le 14 juillet 1791

La garde nationale assemblée ayant détaché une garde d’honneur à la municipalité, les citoyens se rendirent à la plaine de Beauregard (plateau de Donnay), où était dressé l’autel devant servir à célébrer le service divin pour la fête patriotique.

À notre arrivée, la garde nationale fit battre aux champs et deux coups de canon annoncèrent le commencement de la messe, l’élévation et la fin. Le curé CHAIX ayant manifesté le désir de parler au peuple, la garde nationale fit prêter le plus profond silence. L’orateur, dans son discours, peignit avec cette énergie, suite des talents et dans laquelle l’on reconnait l'amour de la  Patrie, l’obéissance aux lois, l’accord qui doit régner entre des citoyens qui doivent tous tendre au même but.

Le discours fut terminé par le serment civique, que la municipalité et le Conseil général prêtèrent sur l’autel de la Patrie. Ce serment fut répète par la garde nationale et les citoyens et citoyennes présents à la cérémonie. Une salve d’artillerie termina la fête.

Actes antireligieux

Des gens sans religion, ennemis du bien général, de l’ordre, de la paix, ont fait du tapage dans les rues, puis, à la montée du Parquet, ont abattu la croix dite du Colombier, qui a été réduite en poussière. La municipalité, considérant qu’un délit de cette nature mérite une punition exemplaire, ordonne que ses auteurs soient recherches et livrés à la rigueur des lois.

Les brigands du Midi

Le Maire donne lecture d`une lettre émanant de la municipalité du Pont-Saint-Esprit, qui demande le secours de la garde nationale d’Étoile, craignant d’être attaquée par les brigands. Il est convenu que cinquante hommes seront exercés au maniement des armes, afin d’être prêts à partir au premier signal. On renouvelle, à cet effet, les provisions  de poudre et de balles de la compagnie.

Un bon administrateur

Étoile avait alors comme maire un de ces hommes d’élite qui marquent d’une manière heureuse leur passage aux affaires municipales. Nous avons nommé joseph-Pierre MARTIN. Ce magistrat, profondément honnête, et encore populaire ici, après cent ans, s`appliqua à améliorer l`état des routes, à dessécher les marais d’Arce, à construire un pont sur ce ruisseau, à endiguer la Véoure et le Rhône, etc. D’ailleurs, dans toutes les délibérations, nous voyons l’excellent maire sans cesse préoccupé d’assurer le bien-être de ses concitoyens.

(La famille Martin, honorable entre toutes, et si justement estimée, devait donner encore un maire (*) qui, en 1851, rendit les plus grands services en épargnant a Étoile les horreurs de la prescription).

(*) Martin, Pierre-Joseph, décédé le 15 mars 1869, à Page de 92 ans. Homme de bien, il emporta dans la tombe l’estime et les regrets de la population tout entière.

Ancien instituteur

Un sieur Claude DOVERGE se présente pour instruire la jeunesse du bourg. Il apprendra il lire, à écrire et à compter ; il enseignera le Catéchisme catholique et mènera les enfants à la messe tous les jours, moyennant la somme de deux cents livres par an.

Nouvelles mesures de sécurité

Le maire Martin expose à sen conseil qu'il serait nécessaire, pour calmer les craintes de la population, de faire fermer les portes de Laye et du Monétier, demi-heure après le coucher du soleil. Quand ä celles du Marché et de la Tournelle, elles seraient closes à neuf heures. Enfin la porte Ecuyère, où habite le portier, resterait ouverte jusqu’à dix heures. Celle dernière, seule, devra s’ouvrir pendant la nuit sur la demande des prêtres appelés à administrer les malades de la paroisse, et des notaires, chirurgiens el accoucheuses. (11 décembre 1791)

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