1790

ÉTOILE sous la Révolution - Léopold LAMOTHE

 

Année 1790

Nouvel achat de fusils

L’inquiétude est générale. On parle avec épouvante, d’actes de brigandage, commis aux environs, et d'émeutes ou le sang a coulé. Dans ces circonstances critiques, le Conseil général est appelé à délibérer sur les mesures à prendre. Un de ses membres fait observer que la garde nationale est animée des meilleures intentions; mais qu`elle manque d'armes pour exécuter les ordres qui pourraient lui être donnés; et que, d’ailleurs, des citoyens dévoués demandent chaque jour à entrer dans la milice bourgeoise.

La municipalité décide que, pour prévenir de grands malheurs, MM. Jean-Pierre TERRASSE, lieutenant-colonel, et NAVELLE, officier, seront députés à Saint-Etienne, pour y acheter encore cent vingt fusils avec leurs baïonnettes, de la poudre et des balles « le tout de meilleure qualité ».

Etoile chef-lieu de canton

C’est dans la délibération du 13 mai 1790 que nous trouvons, pour la première fois, mention du canton d'Étoile, dont font partie les communes de Beaumont, Lavache. Montéléger, Fiancey, Upie et Montmeyran.

Mesures de sécurité

Le 15 mai, en raison de l'effervescence du public, on fait fermer les portes du Monétier et de Couriolles (dite de Laye).

MELLERET, colonel de la milice, dit que « dans les circonstances présentes, et la fermentation générale du peuple, il serait nécessaire, pour la sûreté de tous, et conserver les récoltes qu’on croit menacées des brigands, de monter des gardes et faire des patrouilles fréquentes à la campagne. À l’exemple de Valence et Crest, chaque habitant valide sera obligé de monter la garde à son tour. Tout individu qui refuserait d`obéir sera puni de vingt sols d’amende et vingt-quatre heures de prison.

Fédération lyonnaise

Sur la demande de M. MELLERET, la municipalité décide qu’un détachement de la milice se rendra à l’invitation qu’elle a reçue pour la fédération qui doit avoir lieu à Lyon, le trente mai 1790.

Les biens nationaux

Le Conseil général expose au Directoire départemental qu’il a l’intention d’acheter sa seigneurie domaniale et les biens-fonds et bâtiments qui servent à exploiter le prieuré de Saint-Marcellin. La communauté se propose de revendre le tout en parties brisées, ne se réservant que les moulins, le four et les bois, dans le but de soulager « le peuple indigent ».

Le procureur général demande des explications plus complètes sur l’utilité de ces acquisitions, afin d’en référer aux directeurs. Les officiers municipaux exposent, en conséquence, que si les bois, four et moulins devenaient la propriété d’un particulier, il serait à craindre que les mêmes conditions onéreuses de banalité fussent exigées, au grand malheur ile la classe pauvre, qui laissait la vingtième partie de son grain au moulin et pareille quantité pour faire cuire son pain.

Pour subvenir aux dépenses d’achat et d’entretien, le Conseil vendra des biens communaux qui loi rapportent peu, d’ailleurs, étant inondés plusieurs fois par an, soit par le Rhône, soit par la Véoure. Ces fonds trouveront facilement acquéreurs, car ils sont environnés de riches propriétaires.

Les trois couleurs

Le 11 juillet, il est décidé que les maire et officiers municipaux en fonction, porteront, pour marque distinctive, par-dessus leurs habits, et en baudrier, une écharpe aux couleurs nationales : rouge, bleu et blanc, attachés de nœuds et ornée d'une frange jaune pour le maire, blanche pour les officiers municipaux et violette pour le procureur de la commune.

M. TERRA, commerçant à Valence, est chargé de fournir les sept écharpes.

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